LES TEXTES FONDATEURS
- LE TESTAMENT INTEGRAL
- Par testament M. Serenne permet la création de la Fondation
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- LE TESTAMENT HOLOGRAPHE
Ce document est la reproduction du testament enregistré chez
Mtre DESBOIS Notaire à Orléans le 21 juillet 1882
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- LES DECRETS
- Création et reconnaissance d'utilité publique
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- LES STATUTS
Les statuts déposés en 1890 sont toujours d'actualité à ce jour
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histoire de la fondation
La ville d'Orléans et l'Institution Serenne entretiennent des rapports proches. Implanté au cœur de la cité dans un immense bâtiment construit au 19ème siècle, l'ancien orphelinat symbolise depuis 120 ans une part de l'action sociale de la ville.
L'établissement, à l'origine un orphelinat, accueille des jeunes mineurs et majeurs en difficulté sociale. Certains présentent des troubles du caractère et du comportement. Le champ d'intervention est celui d'une Maison d’Enfants à Caractère Social. Une partie des bénéficiaires présente des symptômes graves. Leur instabilité et leurs nombreux passages à l'acte les excluent souvent des lieux classiques de formation professionnelle ou scolaire. Parallèlement, ils s'inscrivent dans des processus de pré-délinquance et adoptent des comportements qui les conduisent à l'exclusion sociale.
L’institution organise l'action éducative et la prise en charge matérielle de ces mineurs et de majeurs victimes de violences familiales et de situations d'abandon. Ils présentent des troubles associés avec, pour certains, des débilités mentales légères, et, pour d'autres, des comportements délinquants. Ils ont tous pour caractéristique commune de ne pas pouvoir vivre à l'instant présent dans leur famille et sont confiés à l'établissement par l'aide sociale à l'enfance.
Historique
Gabriel François Serenne, entrepreneur en bâtiments, désigne par testament, le 21 juillet 1882, la ville d'Orléans comme légataire universel. Dans ses volontés, il demande que soit créé un orphelinat de qualité accueillant uniquement des orphelins. Ceux-ci seront ainsi séparés des enfants de l'assistance publique, car G.F. Serenne considère qu'ils ne sont pas issus de familles déméritantes.
"J'institue pour son légataire universel en pleine propriété la ville d'Orléans
à la charge pour elle qu'elle établira (…) un orphelinat destiné à accueillir les jeunes garçons privés de leur père et mère au moins de l'un d'eux".
L'orphelinat a été inauguré par le président de la République Sadi Carnot et ouvert dans le cadre du décret, le 10 mai 1890, avant la loi du 1er juillet 1901 relative aux contrats d'association et les lois sur les fondations. La IIIème république mène, alors, une politique qui privilégie l'aide à l'enfance démunie. Par la reconnaissance d'utilité publique et les subventions, le gouvernement encourage les initiatives tournées vers l'enfance. Jules Ferry affermit le régime en faisant voter les lois consacrant la liberté de réunion. L'enseignement laïc est instauré en juin 1881 et l'obligation de l'enseignement primaire en mars 1882.
L'initiative privée relaie la puissance publique et, par sa souplesse, vient répondre à des besoins croissants d'assistance et de protection de l'enfance. L'enfant occupe une place prépondérante dans les préoccupations du gouvernement qui souhaite mettre en œuvre des dispositifs de protection et d'éducation. La reconnaissance de situations anormales ou asociales contribue à faire naître le besoin d'assistance. Il devient donc nécessaire de protéger dans des lieux identifiés les enfants en difficulté par la création d'orphelinats.
Les statuts et les décrets.
Le souhait de Gabriel François Serenne sera concrétisé au moyen de trois décrets et d'un avis du conseil d'Etat :
Le décret du 22 juillet 1885 autorise le maire d'Orléans à accepter le legs universel fait à cette ville par Monsieur Serenne, à charge de fonder un orphelinat.
Par le décret du 10 mai 1890, la Fondation Serenne est reconnue d'utilité publique. Les statuts de l'œuvre sont approuvés et annexés.
Le décret du 9 avril 1891 modifie quatre articles du texte précédent
L'établissement municipal portera le nom d'Orphelinat Serenne.
L'orphelinat est administré par une commission dont le maire ou celui de ses adjoints délégués est président de droit.
La commission administrative nomme, suspend, révoque le personnel de l'établissement et fixe les traitements.
En cas de dissolution ou de retrait de l'autorisation, l'actif de l'établissement sera distribué, par délibération du conseil municipal et avec l'approbation du gouvernement, à des établissements analogues et reconnus d'utilité publique.
L'avis du conseil d'Etat, du 5 août 1891, exclut tout classement de cette institution parmi les établissements communaux d'assistance, considérant que la reconnaissance de la qualification d'établissement d'utilité publique est accordée à des établissements privés, il constate l'existence d'une personnalité civile de l'œuvre.
Alors qu'à cette période, l'initiative privée est avant tout religieuse, l'orphelinat sera, selon la volonté de son fondateur, laïc. Dès sa création, il est dirigé par des instituteurs de l'école publique détachés de l'enseignement. Cette tradition perdurera jusqu'en 1991 avec l'équipe de direction, la première à être issue de l'éducation spécialisée.
Au début du XXème siècle, Serenne est le seul établissement de ce type à être laïc à Orléans. Trois autres institutions d'origine confessionnelle recueillent des enfants. L'une est d'obédience protestante, les deux autres catholiques. Aujourd'hui ces quatre structures existent toujours. Elles ont été complétées par un foyer départemental de l'enfance et des structures intermédiaires associatives.